Présentation des vœux de Noël de la Curie Romaine (discours du Pape François le 22/12/2014)
« Comme tout corps, comme tout corps humain, La Curie romaine est exposée aussi aux malades, aux dysfonctionnements, à l’infirmité… Ce sont les maladies les plus habituelles dans notre vie de Curie. Ce sont des maladies et des tentations qui affaiblissent notre service du Seigneur… »
1. La maladie de se sentir « immortel »
- Symptômes :
- Indispensable
- Pas d’autocritique
- Ne cherche pas à s’améliore
- Narcissisme (regard de sa propre image et ne voit pas l’image de Dieu imprimée dans le visage des autres)
- Définition : C’est la maladie du riche insensé de l’Evangile qui pensait vivre éternellement et aussi de ceux qui se transforment en patrons et se sentent supérieurs à tous et non au service de tous.
- L’antidote à cette épidémie est la grâce de nous sentir pécheurs et de dire de tout cœur : « Nous sommes de simples serviteurs ; nous avons fait ce que nous devions faire ».
2. La maladie du « marthalisme »
- Symptômes :
- Stress, agitation
- On se noie dans le travail
- Définition : Activité excessive qui néglige, inévitablement « la meilleure part », ne pas savoir se reposer et ainsi ne plus être vaillant pout être au service des autres.
- Antidotes : Se reposer, passer un peu de temps avec sa famille et respecter les vacances comme moments de ressourcement spirituel et physique « il y a un temps pour tout ».
3. La maladie de « la pétrification » mentale et spirituelle
- Symptômes :
- Cœur de pierre, nuque raide
- Perte de sérénité intérieure, de vitalité et d’audace. On se cache sous les papiers devenant « des machines à dossiers » et non plus des « hommes de Dieu »
- Perdre la sensibilité humaine
- Définition : C’est la maladie de ceux qui perdent « les sentiments de Jésus » parce que leur cœur au fil du temps, s’endurcit et devient incapable d’aimer sans condition.
- Antidotes : Être chrétien signifie avoir « les mêmes sentiments qui sont dans le Christ Jésus », sentiments d’humilité de don de soi, de détachement et de générosité.
4. La maladie de la planification excessive et du fonctionnarisme
- Symptômes :
- Tout planifier minutieusement
- Les choses progressent effectivement avec une parfaite planification
- Se transformer ainsi en expert-comptable ou en fiscaliste
- Définition : C’est la maladie de ceux qui pensent qu’il est nécessaire de tout bien préparer.
- Antidotes : Faire confiance à l’Esprit Saint, ne pas avoir la prétention de le domestiquer car il est fraîcheur, imagination, nouveauté.
5. La maladie de la ma-Symptômes
- Symptômes :
- Embarras, scandales au sein des membres
- Perte de communication
- Définition : Quand le corps perd son fonctionnement harmonieux et sa tempérance, devenant un orchestre qui produit du vacarme parce que ses membres ne collaborent pas et ne vivent pas l’esprit de communion et d’équipe.
- Antidotes : Retrouver et vivre la fraternité pour vaincre la mauvaise coordination.
6. La maladie d’« ALZHEIMER spirituel »
- Symptômes : L’oubli de l’histoire du salut, de l’histoire personnelle avec le Seigneur, du « premier amour »
- Définition : Ceux qui dépendent complètement de leur présent, de leurs passions, caprices et manies ; Chez ceux qui construisent autour d’eux des murs et des habitudes.
- Antidotes : Se souvenir des bons moments, co-construire avec ses frères.
7. La maladie de la rivalité et de la vanité
- Symptômes :
- L’apparence, les couleurs des vêtements et des insignes de distinctions honorifiques deviennent l’objectif premier de la vie
- N’apprécier que les choses de la terre
- Définition : C’est la maladie qui nous porte à être des hommes et des femmes « faux » et à vivre un faux « mysticisme » et un faux « quiétisme ».
- Antidotes : « Que chacun par humilité estime les autres supérieurs à soi. Ne recherchez pas chacun vos propres intérêts, mais plutôt que chacun songe à ceux des autres ».
8. La maladie de la schizophrénie existentielle
- Symptômes :
- Abandon du service pastoral
- Limitation aux tâches bureaucratique
- Perte du contact avec la réalité, avec les personnes concrètes
- Définitions : C’est la maladie de ceux qui mènent une double vie, fruit de l’hypocrisie typique du médiocre et du vide spirituel progressif que diplômes et titres académiques ne peuvent combler.
- Antidotes : La conversion est plutôt urgente et indispensable pour cette maladie très grave.
9. La maladie du bavardage, du murmure et du commérage
- Symptômes :
- Qui commence simplement, peut-être seulement par un peu de bavardage, et s’empare de la personne en la transformant en « semeur de zizanie »
- De la réputation des collèges et des confrères
- Définition : C’est la maladie des personnes lâches qui n’ont pas le courage de parler directement ; Ils parlent par derrière.
- Antidotes : Parler aux gens et pas des gens.
10. La maladie de diviniser les chefs
- Symptômes :
- Mesquinerie, égoïsme
- Les supérieurs quand ils courtisent certains de leurs collaborateurs pour obtenir leur soumission
- Définition : C’est la maladie de ceux qui courtisent les Supérieurs, en espérant obtenir leur bienveillance. Ils sont victimes du carriérisme et de l’opportunisme. Ils honorent les personnes et non Dieu.
- Antidotes : Vivre le service en pensant uniquement à ce qu’on doit donner et non à ce qu’on doit recevoir.
11. La maladie de l’indifférence envers les autres
- Symptômes :
- On ne met plus sa connaissance au service des collèges
- On apprend quelque chose et on le garde pour soi au lieu de le partager positivement avec les autres
- Par jalousie ou par ruse, on éprouve de la joie en voyant l’autre tomber au lieu de le relever et de l’encourager
- Définition : Quand chacun pense seulement à soi-même et perd la sincérité et la chaleur des relations humaines.
- Antidotes : Aimer les autres jusqu’à leurs limites et même leurs limites.
12. La maladie du visage funèbre
- Symptômes :
- Sévérité théâtrale
- Pessimisme stérile
- Définition : Personnes grincheuses et revêches, qui considèrent que pour être sérieuses il faut arborer un visage de mélancolie, de sévérité et traiter les autres avec rigidité, dureté et arrogance.
- Antidotes : Courtoisie, enthousiasme, humour, autodérision, gaîté qui transmet la joie. « Un cœur plein de Dieu est un cœur heureux qui irradie et communique sa joie à tous ceux qui sont autour de lui » (cf. prière de St Thomas More).
13. La maladie de l’accumulation
- Symptômes :
- Combler le vide existentiel en accumulant des biens matériels
- Seulement pour se sentir en sécurité
- Définition : La « cavalerie légère de l’Eglise »
Pendant son déménagement un jeune jésuite alors qu’il chargeait sur un camion ses nombreux biens : bagages, livres, objets et cadeaux, a entendu un vieux jésuite qui l’observait, lui dire avec un sourire sage : c’est ça « la cavalerie légère de l’Eglise ? ». - Antidotes : Le seigneur répète : « Tu dis : me voilà riche, je me suis enrichi et je n’ai besoin de rien ; mais tu ne le vois donc pas : c’est toi qui es malheureux, pitoyable, pauvre, aveugle et nu ?… Allons ! Un peu d’ardeur et convertis-toi ».
14. La maladie des cercles fermés
- Symptômes :
- L’appartenance au groupe devient plus forte que celle au Corps
- Cause beaucoup de mal – des scandales – spécialement à nos frères les plus petit
- Définition : Cette maladie commence toujours par de bonnes intentions, mais avec le temps, elle asservit ses membres en devenant un cancer qui menace l’harmonie du Corps. C’est le mal qui frappe de l’intérieur ; et, comme dit le Christ, « tout royaume divisé contre lui-même est dévasté ».
- Antidotes : Rompre les frontières.
15. La maladie du profit mondain, des exhibitionnismes
- Symptômes :
- Recherche à accroître son pouvoir
- Calomnie, diffamation, discréditation les autres
- S’afficher et se montrer plus capables que les autres
- Définition : Quand l’apôtre transforme son service en pouvoir, et son pouvoir en marchandise pour obtenir des profits mondains ou plus de pouvoirs.
- Antidotes : Créer une équipe, répartir les rôles, solidarité.
Version originale :
http://www.vatican.va/content/francesco/fr/speeches/2014/december/documents/papa-francesco_20141222_curia-romana.html

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